Journal d’une Coupe du monde en sol miné, 4

June 15th, 2010 · 11:32 am @   -  No Comments

Cette Coupe du monde, en moins d’une semaine, en a fait voir de toutes les couleurs…Le Japon qui bat les Lions indomptables du Cameroun! Dans ma mémoire de nulle en foot, j’ai dû savoir qu’ils furent rugissants,   au temps de quelques héros mythiques comme Joseph-Antoine Bell et Roger Milla, au siècle dernier et que, il n’y a pas longtemps, d’autres demi-dieux veillaient sur leurs intérêts, au grand bonheur des supporters. Où sont passés les héros ?…Les Lions indomptables n’avaient jamais perdu un match d’ouverture en Coupe du monde, semble-t-il. Alors, que s’est-il passé ce 14 juin face aux Blue Samouraïs? Mystère. Et l’Italie, championne en titre, qui s’autorise un match nul face au Paraguay. Et ces deux buts des Pays-Bas, dont l’un offert par les Danois marquant contre leur propre camp, ça n’arrive pas que dans les rêves mais aussi en vrai ! La Côte d’Ivoire puis le Brésil vont entrer dans la danse. Je connais des supporters qui frétillent déjà…

20 décibels en moins pour les nouveaux vuvuzelas. Voire. On muselle ce qu’on veut rejeter dans l’étrangeté absolue, c’est connu. On brise l’objet qui nous gêne pour mieux respirer, jusqu’à ce qu’on se rende compte que son irruption dans l’événement cadré et encadré, ficelé de part en part, avec, pris en sandwich, des supporters coincés dans les mailles du filet et qui se croient électrons libres, que son irruption donc, dans l’ordre de la coupe imaginée pour être ronde, nous indique le lieu du non- contrôlable.

Qu’ils acceptent ou non les éléments perturbateurs –bruits intempestifs-qui hantent le cadre de ce jeu, les organisateurs et une grande partie des spectateurs, de même que les personnes qui ne regardent jamais un match, restent intrigués par le presque rien susceptible de gâcher le bon déroulement de ce qui prend l’allure d’une fête. Là, on pleure, on rit, on peut commettre des exactions, dans un laps de temps qui est celui de l’exception…

Et les voleurs qui ciblent les journalistes pour les dépouiller de leurs caméras et autres objets de prise de vue, de prise de son, outils de travail ou objets de valeur ne s’y trompent pas. Ils savent que dans l’ordre de ce qui est encadré de part en part, il y a des zones de fuite qui font partie du bruit qui accompagne l’événement d’envergure. Baissez les décibels, il y aura toujours d’autres types de bruits, aussi étranges les uns que les autres, des rumeurs, des bruits d’ambiance et ne vous avisez pas de dire que le pourquoi du bruit se trouve dans le lieu où se déroule le jeu, en Afrique du Sud ; et que le Mondial a lieu en Afrique pour la première fois. Non, le sol  de plus en plus miné du foot, c’est tout le filet qu’il y a autour de ce sport, ce filet dans lequel s’engouffrent passionnés, supporters, simples curieux et les personnes qui essaient de vivre à l’écart de ce très grand bruit, relayé par tous les médias du monde.

Pendant ce temps, on oublie les bruits des machines à coudre et toutes sortes de machines utilisées pour la confection des gadgets, vuvuzelas, objets insolites, casquettes, drapeaux, t-shirts et tout objet rappelant les couleurs d’une équipe et d’un pays. Des invisibles vivent là, au rythme du travail à la chaîne, à la gloire du football-roi…

Tanella Boni

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