Coupe du monde, 8: les paris sont ouverts depuis longtemps

June 20th, 2010 · 12:28 pm @   -  No Comments

Les pays les plus puissants peuvent être des géants aux pieds d’argile comme le montre cette Coupe du monde 2010. Des pays classés « petits », comme la Slovénie, tirent leur épingle du jeu ; d’autres, comme la Corée du Nord confirment leur présence, pendant qu’il y a du rififi dans l’air par exemple autour de l’équipe de France où la complexité des relations humaines éclate au grand jour ; les ego s’affrontent en public. Est-ce un bouc émissaire, Nicolas Anelka, que l’on sacrifie pour sauver une équipe- les Bleus,  et leur coach Raymond Domenech-  qui a du mal à former « équipe »? Les pays d’Amérique latine se font remarquer pendant que le Cameroun quitte la compétition avant l’heure, même si, au cours du dernier match contre le Danemark, il n’y a pas eu démérite. Les règles sont ce qu’elles sont, elles existent pour être suivies même si, plus d’une fois et ce dans n’importe quel domaine, elles sont contournées. On commence à oublier les vuvuzelas, bonne nouvelle : l’étrange marque son territoire dans le monde du bruit et fait de la résistance…

On attend la Côte d’Ivoire contre le Brésil que l’on donne favori. Mais les jeux ne sont jamais faits avant un match. La fièvre monte en même temps  que la ruée vers les pronostics. Autour d’un match de football on redécouvre, en effet, l’idée de pari sous un nouveau jour. Ici, les plus pauvres, ceux qui n’ont pas un sou, s’invitent  autour de la table du football pour la joie de partager quelques moments intenses en marge de leurs problèmes de survie quotidienne, devant une télé, un écran, une radio. Je continue de penser que l’on n’attend  pas l’organisation d’une Coupe du monde en Afrique pour que les Africains, du jour au lendemain, se réveillent avec la passion du foot dans le sang. Il risque d’y avoir beaucoup de désillusions, des yeux vont s’ouvrir mais cela n’empêchera pas les moments de partage comme le disait Petina Gappah, écrivaine du Zimbabwe pendant cette table ronde  du festival littéraire de la librairie Shakespeare and Co, le 19 juin ; Breyten Breytenbach  a nuancé ses propos se demandant si la Coupe du monde apportera réellement quelque chose à l’Afrique du Sud et à l’Afrique, car ce qu’on va y gagner ne sera certainement pas octroyé de l’extérieur.  Njabulo Ndebele  a montré comment les Bafana Bafana sont en chemin, comme un processus, à l’image de la nouvelle Afrique du Sud.

Pendant cette Coupe du monde, nous irons de surprise en surprise si nous nous situons dans le domaine du pari. Les aspects politiques et économiques sont plus ou moins connus même si ne nous voyons apparaître que le bout de l’iceberg dans la mer  des paradoxes liés au football-roi. Le meilleur reste peut-être à venir, croisons les doigts !(image du pari tel qu’il apparaît dans un autre langage)

Tanella Boni

Leave a Reply