Une université sans respiration ?

July 17th, 2012 · 2:05 pm @   -  No Comments

Une question ne cesse de me tarauder l’esprit. Je vais la poser sans passer par quatre chemins. Pourquoi  devrions-nous couper les arbres ou les déraciner alors que nous devrions les protéger ? Il y a, dans nos mémoires, des arbres que nous devrions préserver. Est-ce par souci de «  modernité » ou de « sécurité » que nous les coupons ? On les coupe tous les jours, sans arrêt. On les coupe sans les replanter.  La table rase est-elle en passe de devenir un moyen d’agir sans penser à demain ? Préservons nos arbres. Pense-t-on un seul jour à en planter  dans les lieux publics ? Pourtant, dans cette ville d’Abidjan où il y a de l’eau à profusion, on aurait pu avoir de très beaux espaces verts, des parcs, des jardins. Je vois bien le nouveau Campus de Cocody en plein soleil, cela me fend le cœur ! Il y a longtemps déjà que le beau fromager (Ceiba pentandra) en face  de la Faculté des Sciences Economiques a été abattu, je me demande pour quelles raisons.  Dans Les nègres n’iront jamais au paradis, en un paragraphe qui avait trait à la réalité, je décrivais un mur qui entourait une université. Je constate, à mon grand regret, qu’un autre mur remplace l’ancien comme si un campus, c’était d’abord un mur. Un bulldozer est passé par là, des arbres ont été abattus. Un campus en plein soleil et encerclé ? Un campus, ce n’est ni un camp de réfugiés, ni de détention, ni aucun « camp », mais un endroit où l’esprit doit être libre de circuler, de penser…de vivre  et de respirer! Un champ libre où tout resterait à bâtir. Je m’adresse à celles et ceux qui réalisent ces travaux titanesques: une université, ce ne sont pas seulement des bâtiments  et un espace rétréci, clos. C’est aussi l’ombre de grands arbres, des allées où se promener, rêver, penser ! Un champ libre devant soi…Les arbres créent une ambiance, donnent du caractère à une université. J’espère que cet appel sera entendu. Préservons Ceiba pentandra, palmiers et tous les arbres sans frontière, même des eucalyptus ont subi la foudre du bulldozer sans foi ni loi…Et j’imagine aisément qu’en pleine crise, on aurait pu remplacer cette clôture kilométrique de béton et de barbelés par une haie vive. y aurait-il quelqu’un dans ce pays qui entendrait ce langage ?

Tanella Boni

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