Bienvenue
Visiteuses et visiteurs du cyberspace, je vous souhaite la bienvenue sur la planète www.tanellaboni.net, site officiel de Tanella Boni. Quand j’étais enfant, je ne parlais pas. J’habitais le pays du silence. Et je porte encore sur mes frêles épaules le reste de ce silence primordial. Puis j’ai grandi bien vite, au gré des circonstances, en passant d’une ville à l’autre, d’un pays à l’autre. J’ai traversé des distances et des savoirs. Aujourd’hui, je pense avoir les yeux ouverts et les pieds sur terre…
Bonne lecture et bonne visite !
« Quand j’y pense, ma formation universitaire n’était pas différente de celle des étudiants français ou étrangers vivant en France dans les années 70. J’ai donc un mal fou à comprendre pourquoi je dois rester l’éternelle étrangère, de l’autre côté de la frontière. Pour beaucoup, je suis présente sur le sol français et en francophonie seulement par accident. Les photos de cet accident de parcours me manquent encore. Elles appartiennent à ces abysses de la mémoire qui montrent que l’ambiguïté demeurera toujours dans nos relations où l’humanité fait cruellement défaut.
A Toulouse et à Paris, il y a des lieux qui me parlent, que j’ai apprivoisés. Je ne peux les extraire de mes souvenirs. La présence de ces lieux m’habite très fortement, comme ceux de mon pays d’origine, la Côte d’Ivoire. C’est toujours avec beaucoup d’émotion que je les retrouve ou que je les évoque. Parfois, j’entends des mots qui font mal, qui renvoient à la couleur de ma peau, à mes origines, à mon pays et je vois bien que dans la tête de beaucoup de gens, ce n’est pas pensable que leurs lieux et leur langue puissent me dire quelque chose, me parler à moi aussi.
Nous tournons donc en rond dans ces ambiguïtés de la relation, nous butons contre ces murs qui cassent les liens. C’est de cette manière que nous faisons l’expérience de la frontière… »

